- L'état d'esprit de "Bonheur en stock" - (Part 1 : La création )

- L'état d'esprit de "Bonheur en stock" - 
(Part 1 : La création ) 


Enregistrer un album, tout le monde voit à peu près comment ça peut se passer :
On branche, on met un micro devant l'ampli, on joue et on enregistre ! Et hop ! 
On envoie tout ça à une usine de pressage pour faire des millions d'exemplaires et zou ! C'est le succès !!!...


Hein ?! Comment ça, c'est pas aussi simple ?... Ha bon ? 
Zut alors !


 Bon ben, je vous explique les plaisirs et les galères d'un auteur-compositeur qui veut autoproduire son album, tel que je le conçois. 
 Chacun s'y prendra d'une manière différente, mais à la base, on est d'accord : il faut de la "matière", autement dit : Des chansons ! 


 D'abord des idées de musique (des bribes), de paroles (des bouts de phrase, des sujets...) ; il faut tout noter/enregistrer.
 J'utilise un dictaphone numérique pour collecter la plupart de mes idées. 
 C'est mieux qu'un papier qu'on perd, et ça comporte l'avantage de pouvoir déjà amorcer soit une mélodie, soit un débit rythmique en syllabes.

 Pour achever les textes (et faire des râtures), un cahier est évidemment nécessaire. Puis une fois que les corrections sont faites, je retranscris tout dans l'ordinateur. 
 Il est assez rare que je m'assois en me disant : je vais écrire une chanson (sauf si les idées bouillonent et se bousculent pour sortir), généralement la fameuse "inspiration" arrive dans une situation ou suite à une observation... C'est là qu'il ne faut pas hésiter à sortir son dictaphone !


 Combien de fois une "idée géniale" n'est-elle pas tombée dans les ouibliettes limbiques de ma mémoire ?

 Ben... j'm'en souviens pas, mais c'est souvent arrivé :
quand j'ai eu la flemme de me relever pour noter, par exemple... ha oui, parce que ça vient souvent aussi quand on est au bord du sommeil, quand le cerveau fonctionne en onde "alpha"... 
 

" Mon amour, je t'aime pour toujours...", même une idée aussi géniale que celle-là ne sera plus qu'un point flou après une nuit de sommeil !

Alors dis : "Ctaphone !"
 

ENSUITE


 Bon ok, j'ai un tas de "riff" de gratte, de paroles griffonées et de bout d'mélodies en vrac, il faut encore leur trouver une "utilité" ! 
Qu'est-ce qui ira bien avec quoi ? 

 

"Notre Père qui êtes aux cieux, j'implore votre aide pour organiser ce merdier, merci. Amen !" et jusqu'à maintenant ça a marché !
 Quoi ?
 Dieu n'aurait rien à voir là-dedans ?... Il a d'autres choses à faire ?... Sans doute. 

 

 En tout cas les "petits miracles" se produisent à chaque fois que je parviens à familiariser des éléments épars pour n'en faire qu'un : une chanson


Ok. Pour la compo, le mystère reste entier ! Passons cette première étape, impossible à décrire finalement. Et passons à la phase "maquettage"
 

 Ben oui, parce que si la première "maquette" a lieu dans la tête (et en live sur la guitare), il faut concrétiser tout ça, faire des essais et se rendre compte de ce que ça donne "de l'extérieur". 
 Il faut le préciser aux "non musiciens" : on ne perçoit pas la musique de la même façon lorsqu'on la joue que lorsqu'on l'écoute. 


 Alors j'enregistre mon riff, je conçois une structure (intro, couplet, refrain...) autour de la première idée. Le but étant pour moi de créer des "surprises" harmoniques ou rythmique, histoire que le morceau ne soit pas trop "convenu". 


 Bien sûr, la plupart de mes chansons comportent des couplets et un refrain, et je prévois aussi une plage musicale (souvent un solo de guitare, ainsi qu'un thème qui revient plusieurs fois dans le morceau) puis une intro, des breaks et un final


 D'après le texte préssenti pour telle chanson, je scande les mots en cherchant une ligne mélodique, ça vient souvent assez naturellement avec l'anglais. Mais c'est un exercice un peu plus difficile avec des paroles en français. Certaines mélodies que j'avais prévues au départ devront être modifiées par rapport aux textes. 
 

LES ARRANGEMENTS


  Une fois que j'ai la mélodie, les accords d'accompagnement, une idée du rythme grâce à une bôite à rythme ou une programmation, je m'attaque aux arrangements. 
  C'est une partie très agréable car c'est là que j'essaie des trucs : différents instruments, différents placements, des contremélodies, des polyrythmies, des choeurs pour les voix, des effets sonores, des guitares additionnelles avec des sons "bizarres".

 A ce stade, on peut tout imaginer : orchestre philharmonique, percussions, section de cuivres, samples électro, création de sons étranges avec des objets bizarres... ou même tout ça à la fois !

  Ou bien, on peut opter pour la simplicité. On appelle ça le "less is more" ("moins est plus"). 


  Pour ma part, j'aime bien fournir à l'oreille de l'auditeur des éléments à décortiquer, voire à découvir au fil des écoutes. Mais comme un album se compose de plusieurs chansons, les conceptions de l'arrangement sont différentes sur chacune, parfois il s'impose de lui-même.

 Sur Bonheur en stock, je me permets des "overdubs" de guitare pour élargir le spectre des accords et les colorer. Ce sont des guitares "superflues" donc indispensables, qui augmentent la profondeur de l'accompagnement sur certains titres.

 Grâce au matériel de pointe que nous utilisons au studio "Under Road Records", je peux me permettre des rajouts sans brouiller le mix (à condition de bien choisir les parties à ajouter) et ça, c'est mon kiff !
 

LE "BASS-BATT"

  Pour composer la ligne de basse : je n'aime pas me contenter de "planter les clous" mais plutôt de la faire sonner comme une mélodie en elle-même ; des plages musicales sont consacrées à la basse dans certains morceaux.
  C'est là que Matt (bassiste) intervient, il joue mes lignes à sa façon en y ajoutant des "fills" (des transitions) et une technique bien meilleure que la mienne. Parfois, il ré-invente totalement la ligne de basse et me propose un "choix de Sophie". Il faut alors être sûr de prendre la bonne décision :-)

 -- Pour les parties "solo" et "slap" je lui laisse total champs libre. Et il me scotche à chaque fois ! -- 


  Pour la batterie, nous travaillons avec Joslin sur les maquettes et je lui chante (par onomatopées) ce que je souhaite entendre. Ensuite il digère tout ça et y apporte sa touche lors des répétitions générales. 
Nous avons une vue globale de l'album, chacun possède une idée de ce qu'il va devoir jouer, on va pouvoir entamer les sessions d'enregistrement...
(lire Part 2) 
 

 
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